Analyse du jour
Analyse des opérations M&A & levée de fonds du 18 juillet 2026
Maintenance du bâtiment, IA tabulaire, robotique industrielle et recyclage textile : le capital se déploie aujourd'hui sur des actifs qui résistent au temps autant que sur des paris technologiques à horizon court — le tour d'horizon complet pour décideurs et investisseurs.
· Proplace
📊 Le pouls du jour — 43 opérations · 25 M&A · 18 levées · 25 Md€ en jeu.
La journée mêle deux logiques qui ne se regardent pas : d'un côté, des actifs dits « défensifs » — maintenance du bâtiment, gestion des déchets, expertise comptable — qui attirent des tickets mid-market et large-cap ; de l'autre, une poignée de paris technologiques où l'argent s'engage vite et fort, de l'IA pour tableurs d'entreprise à la robotique physique en passant par la géolocalisation souterraine. La France est au cœur des deux mouvements.
🤝 Fusions-acquisitions du jour · 25
À la une — les opérations décryptées
Batibig : quand un actif « ennuyeux » vaut plus d'un milliard
Source : headlinesbriefing.com → · Secteur Construction & PropTech — 📬 s'abonner à la newsletter Construction & PropTech
Charterhouse Capital Partners entre en négociations exclusives pour acquérir Batibig, groupe français de maintenance et dépannage du bâtiment, dans une opération valorisée au-delà de 1 milliard d'euros — avec un multiple à deux chiffres et une cession totale des parts de Siparex et EMZ, les deux fonds sortants. Les fondateurs Charles et Justin Bignon réinvestissent et conservent la direction. Closing attendu en octobre 2026.
La lecture de surface : un beau LBO de croissance, buy-and-build, paneuropéen, sur un secteur en consolidation. Rien de surprenant pour qui suit le marché des services aux facilities.
Ce qui mérite attention, c'est le contexte de marché dans lequel ce deal s'est bouclé. Le marché LBO est décrit comme « congestionné » par les acteurs eux-mêmes — les processus traînent, les valorisations se négocient âprement, les acheteurs hésitent. Batibig a fait l'inverse : lancé en mars, signé avant l'été, quinze marques d'intérêt au premier tour dont CVC, ICG, Partners Group et Krefeld. Ce n'est pas la taille qui a accéléré le processus, c'est la nature de l'actif. Plus de 300 000 interventions par an, des revenus dépassant 500 millions d'euros, une croissance démontrée, et — point crucial — une activité qui ne dépend ni d'un cycle d'investissement, ni d'une décision politique, ni d'une disruption technologique imminente. Quand une chaudière tombe en panne un dimanche, personne n'attend la prochaine fenêtre budgétaire.
Dans un marché où le capital mid et large-cap cherche désespérément des actifs à revenus récurrents et non-cycliques, Batibig a joué le rôle que jouait autrefois l'infrastructure autoroutière : quelque chose qu'on ne peut pas ne pas utiliser. C'est précisément ce profil qui a fait monter les enchères.
Pour un acquéreur ou un dirigeant en France : la stratégie build-and-build paneuropéenne que Charterhouse annonce signifie que des cibles régionales de maintenance du bâtiment vont se faire approcher dans les prochains mois. Première et deuxième ligne.
SAP avale Prior Labs : l'IA des tableurs, pas des bavardages
SAP finalise l'acquisition de Prior Labs, laboratoire d'IA fondé à Freiburg il y a dix-huit mois, pour un engagement total supérieur à 1 milliard d'euros sur quatre ans. La startup avait levé 9 millions d'euros en pré-seed en 2025. Prior Labs continuera à publier ses recherches et à opérer sous sa propre marque.
Tout le monde parle d'IA générative, de grands modèles de langage, de chatbots d'entreprise. Prior Labs fait exactement le contraire : ses modèles lisent des tableaux — lignes, colonnes, bases de données structurées — et prédisent, classifient, détectent des anomalies à partir de cette matière brute. Son modèle TabPFN a été publié dans Nature et a établi l'état de l'art sur des centaines d'études indépendantes.
Le retournement est dans la nature du problème que SAP cherche à résoudre. Les entreprises ont massivement investi dans des outils d'IA générative qui répondent bien aux questions en prose, mais restent aveugles devant un fichier de données de ventes, un tableau de prévisions de trésorerie ou un log de maintenance industrielle. Or c'est précisément là que vivent les décisions réelles : dans les données structurées de SAP, d'Oracle, de Salesforce. Prior Labs comble ce trou avec une approche que les grands modèles généralistes ne couvrent pas — et SAP le sait, au point de geler ses recrutements et ses déplacements pour financer la poussée IA.
Dix-huit mois d'existence, neuf millions levés, un milliard d'acquisition : le multiplicateur tient moins au chiffre d'affaires qu'à la rareté d'une compétence que SAP ne pouvait pas reconstruire en interne à temps. C'est un achat de position, pas un achat de revenus.
Pour les équipes dirigeantes européennes : c'est l'une des rares acquisitions récentes où un champion logiciel européen achète un laboratoire européen de frontière et le garde ouvert, publiant, indépendant. Le signal stratégique vaut autant que le deal lui-même.
CVC DIF rachète EcoEridania : la rente verte à 1,1 milliard
CVC DIF, le bras infrastructure du groupe CVC Capital, signe l'acquisition de la majorité d'EcoEridania, leader italien de la gestion des déchets spéciaux, pour une valorisation supérieure à 1,1 milliard d'euros. Le vendeur est iCon Infrastructure. Plus de vingt investisseurs internationaux étaient en lice ; la finale a opposé CVC DIF à Ardian et Swiss Life Asset Managers.
La gestion des déchets industriels et spéciaux présente exactement le profil que les fonds infrastructure recherchent : contrats longs, revenus réglementés ou quasi-réglementés, demande structurellement croissante sous l'effet des obligations de traçabilité et de dépollution, et une barrière à l'entrée réglementaire qui rend la concurrence difficile. EcoEridania n'est pas une histoire de croissance — c'est une histoire de rente durable dans un secteur où la réglementation est le meilleur rempart contre la disruption.
Mollie lève 350 millions pour « ne pas faire une superapp »
Mollie, la fintech néerlandaise de paiement, annonce un plan d'expansion européen de 350 millions d'euros. Le titre de l'article Sifted cite le CEO : « Superapp is a convoluted word » — autrement dit, la société refuse explicitement la tentation d'agréger tous les services financiers sous un même toit, stratégie qu'ont tentée Revolut, N26 et d'autres.
La clarté de positionnement est ici le signal : dans un marché où les fintechs généralistes se battent sur tous les fronts avec des coûts d'acquisition en hausse, Mollie parie que la profondeur sur le paiement PME vaut plus que la largeur. C'est un choix de discipline autant que de stratégie.
Volati acquiert Tramex : la mesure d'humidité comme add-on
Source : finanznachrichten.de →
Le conglomérat industriel suédois Volati acquiert Tramex, fabricant irlandais de sondes d'humidité professionnelles fondé en 1974, pour environ 51 millions d'euros. L'opération constitue le premier add-on de Corroventa, la plateforme de Volati spécialisée dans le séchage après dégâts des eaux. Tramex génère environ 90 millions de couronnes suédoises de revenus annuels avec une marge d'EBITA ajustée d'environ 20 %.
L'intégration est logique : Corroventa sèche, Tramex mesure. Les deux produits s'adressent aux mêmes clients — entreprises de restauration après sinistre, inspecteurs de bâtiment, entreprises de construction. Un add-on de complémentarité technique pure, sans pari de marché : la marge de Tramex améliore mécaniquement le profil consolidé de la plateforme.
Hexawin rejoint un groupe en build-up
Source : cfnews.net → · Secteur FinTech — 📬 s'abonner à la newsletter FinTech
Hexawin, infogéreur basé à Vitrolles proposant hébergement cloud et services IT aux PME, devient la quatrième acquisition du groupe constitué par un family office, pour 35 millions d'euros. Opération de consolidation sectorielle classique dans les services numériques aux PME, un segment qui reste très fragmenté en France.
Baker Tilly absorbe Corex dans les Hauts-de-France
Source : lejournaldesentreprises.com →
Baker Tilly France (219 millions d'euros de chiffre d'affaires, 2 200 collaborateurs) rachète Corex, cabinet d'expertise comptable implanté à Saint-André-lez-Lille depuis 1958, pour 17 millions d'euros environ. Corex emploie 48 collaborateurs, 8 associés, 2 300 clients et a réalisé 7,5 millions d'euros de chiffre d'affaires sur son dernier exercice. L'opération crée un nouveau territoire régional pour Baker Tilly dans les Hauts-de-France, dans le cadre du plan Convergence 2030 visant 400 millions d'euros de revenus d'ici quatre ans.
La consolidation de l'expertise comptable suit une mécanique bien rodée : les cabinets régionaux indépendants ont du mal à investir seuls dans les outils digitaux, la RSE, le conseil patrimonial que les clients PME commencent à exiger. Baker Tilly apporte la gamme, Corex apporte l'ancrage local et la base clients. Rien d'inattendu — mais c'est précisément le type d'acquisition qui construit une ETI de services professionnels sur dix ans.
Audensiel s'implante en Occitanie via iTekway
Source : lalettrem.fr → · Secteur Mobility & Transportation — 📬 s'abonner à la newsletter Mobility & Transportation
Audensiel, groupe francilien de conseil et services numériques (3 500 salariés, 350 millions d'euros de chiffre d'affaires visés en 2026), acquiert le groupe Efis — qui regroupe iTekway Occitanie et iTekway Île-de-France — pour 8 millions d'euros. Les deux entités emploient environ 100 personnes, dont 75 % de consultants en situation de handicap, et génèrent plus de 5 millions d'euros de revenus. Le fonds Impact Partners sort du capital.
L'opération combine deux logiques : une implantation stratégique dans l'aéronautique et le spatial toulousain, et le renforcement d'une politique emploi inclusif qui devient un critère d'accès aux marchés grands comptes. Pour Audensiel, iTekway n'est pas seulement une acquisition de chiffre d'affaires — c'est un actif de différenciation commerciale dans les appels d'offres où les critères RSE pèsent.
Gruppo Peppe : un LBO sans fonds sponsor
Source : cfnews.net → · Secteur FinTech — 📬 s'abonner à la newsletter FinTech
Gruppo Peppe, jeune groupe parisien de pizzerias napolitaines fort de 20 millions d'euros de chiffre d'affaires, ouvre son capital à un fonds sectoriel dans le cadre d'un LBO sponsorless, pour 35 millions d'euros environ. Le LBO sponsorless — sans grand fonds de private equity classique au pilotage — est une structure qui donne plus de liberté opérationnelle aux fondateurs tout en leur apportant de la dette de croissance. Dans la restauration, où les cycles sont courts et les décisions rapides, c'est souvent un meilleur ajustement qu'un sponsor institutionnel.
France-Allemagne face à la Chine : une feuille de route commerciale commune
Selon Les Échos, la France et l'Allemagne préparent une feuille de route commune pour coordonner leur réponse aux pratiques commerciales chinoises. Pas d'opération financière ici, mais un signal de cadre réglementaire et géopolitique : pour les entreprises exposées à la concurrence chinoise — équipements industriels, chimie, batteries, véhicules électriques — la coordination franco-allemande, si elle se concrétise, pourrait modifier les conditions d'accès au marché européen pour les produits chinois. À surveiller pour quiconque arbitre entre sourcing asiatique et production locale.
Danske Bank explore les transferts de risque significatifs
Source : x.com → · Secteur Horizontal & Productivity SaaS — 📬 s'abonner à la newsletter Horizontal & Productivity SaaS
Danske Bank évalue des opérations de transfert de risque significatif (SRT — Significant Risk Transfer) pour libérer du capital réglementaire, rejoignant un mouvement plus large des banques européennes. Ces instruments permettent de transférer à des investisseurs tiers le risque de crédit d'un portefeuille de prêts, sans en céder la propriété. Pour les fonds de crédit alternatif et les assureurs qui cherchent du rendement sur des actifs de qualité bancaire, c'est une fenêtre d'accès à des expositions qui ne passent pas par le marché obligataire classique.
Toutes les fusions-acquisitions du jour, par secteur
La liste complète du jour — les opérations décryptées ci-dessus incluses.
B2B Software & Cloud · 4 →
- iTekway — Audensiel acquiert iTekway (conseil numérique, Occitanie) pour s'implanter en région
- Bankers ICT — ILC-Europe (Riverdam) acquiert Bankers ICT pour étendre les services IT à Eindhoven
- Hexawin — Hexawin gagne un acquéreur en phase de build-up
- Corex — Baker Tilly se renforce dans les Hauts-de-France avec le rachat de Corex
Biotech & Pharma · 2 →
- AtaiBeckley — Lilly acquiert AtaiBeckley (biotech, Europe) pour jusqu'à 3,8 Md$🔮 Le coup d'après : Reunion Neuroscience — l'acquéreur cherche à étendre leur pipeline de thérapies psychédéliques pour les troubles mentaux, notamment la dépression post-partum · Neurala Biosciences — Leur expertise en DMT-based medicines et thérapies psychédéliques complète leur récente acquisition, renforçant leur pipeline en santé mentale · hypothèse, pas un fait
- Catalyst Pharmaceuticals — Angelini Pharma finalise l'acquisition de Catalyst Pharmaceuticals (USA)
FinTech · 2 →
- additiv — Temenos finalise l'acquisition d'additiv (technologie bancaire, Suisse)
- Acasi — Qonto rachète Acasi (logiciel comptabilité, France) pour renforcer son offre
Industrial Tech & Manufacturing · 2 →
- Batibig — Charterhouse reprend Batibig (maintenance bâtiments, France) auprès de Siparex et EMZ
- Tramex — Volati acquiert Tramex (tech industrielle, Suède)
Mobility & Transportation · 2 →
- Rail Europe — Omio Group acquiert Rail Europe pour créer un géant mondial du voyage ferroviaire
- Delivery Hero — Uber acquiert Delivery Hero pour 13 Md€, plateforme dans 99 pays🔮 Le coup d'après : Just Eat Takeaway.com — l'acquéreur cherche à consolider leur position de leader mondial de la livraison après l'intégration de Delivery Hero · GrabFood — Leur forte présence en Asie du Sud-Est étendrait leur portée géographique post-Delivery Hero · hypothèse, pas un fait
Climate & Energy Tech · 1 →
- Junkbusters — Seenons acquiert Junkbusters pour renforcer la gestion circulaire des déchets en Europe
Construction & PropTech · 1 →
- ONE EXPERIENCE — ONE EXPERIENCE acquiert un hôtel Première Classe de 72 chambres à Vannes
Cybersecurity · 1 →
- SaycurIT — SNS Security rachète SaycurIT (conseil cybersécurité, Île-de-France)
D2C & Consumer Brands · 1 →
- Alinéa — Alinéa rachetée par MH France (groupe chinois Aosom), reprise officielle 13 juillet 2026
Data & Analytics · 1 →
- Prior Labs — SAP acquiert Prior Labs (modèles IA tabulaires, Allemagne) pour 1 Md€+
Developer & IT Infrastructure · 1 →
- Oupi — Oupi Technologies développe un OS pour rendre l'IA souveraine et responsable
Food & AgTech · 1 →
- Gruppo Peppe — Gruppo Peppe enfourne un LBO sponsorless
Future of Work & HR Tech · 1 →
- HR Path — HR Path poursuit sa stratégie d'agrégation avec une acquisition par mois
Gaming · 1 →
- Micromania — Micromania reprise par un consortium franco-québécois, 300 magasins et 1200 emplois sauvés
HealthTech & Digital Health · 1 →
- Pflegia — Ardian Growth rachète Pflegia (plateforme IA santé, Allemagne) via LBO
Logistics & Supply Chain · 1 →
- Ecoeridania — Cvc Dif rachète Ecoeridania (gestion des déchets, Italie) pour 1,1 Md€
Social & Creator Economy · 1 →
- InterNations — FairCap acquiert InterNations en carve-out de New Work SE
Space Tech · 1 →
- QPerfect — BTQ rachète QPerfect (R&D quantique, France) et installe son pôle européen à Strasbourg
🚀 Levées de fonds du jour · 18
À la une — les opérations décryptées
Mistral et EQT : le capital-investissement européen entre dans la course aux grands modèles
EQT serait en négociations pour mener ou co-mener la Série D de Mistral AI via son fonds Scaleup Europe de 5 milliards d'euros, selon des sources citées par ONE.WORKS. Les détails financiers du tour restent partiellement obscurcis dans la source, mais la dynamique est claire : Mistral, déjà valorisé autour de 6 milliards de dollars lors de sa Série C, attirerait un acteur de buyout européen de premier plan comme lead investisseur dans un tour de croissance.
L'entrée d'EQT — un fonds dont la culture est le contrôle, l'optimisation opérationnelle et la sortie à horizon défini — dans le capital d'un laboratoire d'IA générative est un signal de maturité du secteur autant qu'une anomalie de structure. Les grands modèles de langage ont des coûts d'infrastructure colossaux, une compétition mondiale sans merci, et des trajectoires de revenus encore incertaines. Ce n'est pas le profil habituel d'un investissement EQT.
Ce qui se joue ici dépasse Mistral : si EQT valide ce tour, c'est que le capital-investissement européen commence à traiter les laboratoires d'IA souverains comme des infrastructures stratégiques — des actifs à protéger autant qu'à rentabiliser. La logique n'est plus seulement financière, elle est géopolitique.
Syntetica : les marques financent leur propre fournisseur de matière
Source : renseignementeconomique.fr →
Syntetica, deeptech française de recyclage du nylon textile basée à Reims, lève 30 millions de dollars (environ 28 millions d'euros) en Série A. Le tour est mené par Bpifrance via son fonds Ecotechnologies 2 (France 2030), avec EQT Ventures, SWEN Capital Partners, Lululemon, MAS Holdings, et les family offices de Peugeot, Etam et du premier actionnaire d'Indorama Ventures. Le Conseil européen de l'innovation apporte également des fonds propres et des subventions. L'argent finance la construction d'une première usine de démonstration commerciale en France.
La composition du tour mérite qu'on s'y arrête. Lululemon, Etam et MAS Holdings ne sont pas de simples investisseurs financiers : ce sont des clients potentiels, ou plus précisément, des entreprises qui ont un problème que Syntetica prétend résoudre. Le nylon recyclé représente encore environ 2 % du marché mondial (selon les chiffres cités par la société, d'après Textile Exchange) ; la quasi-totalité des déchets textiles nylon finit incinérée ou en décharge. La raison technique : le Nylon 6 et le Nylon 6,6 — les deux grades dominants — se mélangent dans les déchets et sont difficiles à séparer. Syntetica affirme pouvoir recycler les deux simultanément, à basse température, en laissant intact l'élasthanne présent dans les mélanges.
En entrant au capital, Lululemon et Etam ne font pas un pari philanthropique : elles sécurisent un approvisionnement futur en matière recyclée de qualité vierge, tout en finançant l'infrastructure qui le rendra possible. C'est une intégration amont déguisée en investissement impact — et c'est probablement la seule façon de faire émerger ce type d'actif industriel en Europe.
Pour un industriel ou un investisseur français : le modèle « marques au capital du recycleur » est exportable à d'autres matières (polyester, coton, laine). Syntetica en pose le précédent.
Stoïk : la cyber-assurance des PME passe en Série C
Source : globalsecuritymag.com → · Secteur Cybersecurity — 📬 s'abonner à la newsletter Cybersecurity
Stoïk boucle 20 millions d'euros en Série C. Le tour est mené par Impala (famille Veyrat), nouveau venu au capital, avec Opera Tech Ventures et les historiques Alven et Andreessen Horowitz. La société protège aujourd'hui plus de 10 000 entreprises, collabore avec plus de 2 000 courtiers partenaires, couvre plus de 600 nouvelles entreprises par mois et a clôturé 2025 avec plus de 200 % de croissance annuelle, pour près de 50 millions d'euros de primes émises brutes.
Stoïk a construit un modèle que peu d'acteurs ont réussi à assembler : assurance cyber, prévention proactive et équipe de réponse aux incidents sous le même toit, ciblant les PME — un segment que les grands assureurs traitent mal parce qu'il est coûteux à adresser unitairement. L'entrée d'Impala, actionnaire familial à horizon long, aux côtés d'a16z, est un signal de crédibilité autant que de capital. À 50 millions d'euros de primes, Stoïk n'est plus une startup — c'est un assureur spécialisé en phase d'industrialisation.
Forsee Power : un refinancement sous tension
Forsee Power, fabricant français de systèmes de batteries pour la mobilité durable, annonce une augmentation de capital de 20 millions d'euros portée par FCAP Investors (fonds singapourien) avec la participation d'Eurazeo, actionnaire de référence existant. L'opération est soumise à l'autorisation préalable du ministère de l'Économie au titre du contrôle des investissements étrangers.
Le communiqué parle d'un « environnement de marché exigeant » et d'une opération visant à « consolider les fonds propres ». Ce vocabulaire, dans le monde du financement, ne décrit pas une croissance sereine : il décrit une société qui a besoin de renforcer son bilan pour tenir le cap de son plan stratégique dans un marché des batteries pour mobilité durable qui a ralenti plus vite qu'anticipé — entre pression sur les coûts, retards de déploiement des flottes électriques et concurrence asiatique sur les prix. L'entrée d'un fonds singapourien comme FCAP, soumise à filtre réglementaire français, souligne que les actifs stratégiques de la transition énergétique restent sous surveillance — même quand ils cherchent des capitaux d'urgence.
Wheere : se localiser là où le GPS ne passe pas
Source : journaldugeek.com → · Secteur Mobility & Transportation — 📬 s'abonner à la newsletter Mobility & Transportation
Wheere, startup montpelliéraine fondée en 2020, lève 8,5 millions d'euros pour porter son total à environ 20 millions d'euros depuis sa création. La société développe une technologie de géolocalisation en environnement intérieur et souterrain basée sur des ondes radio VHF basse fréquence, capable de localiser une personne ou un objet à travers jusqu'à 50 mètres de béton avec une précision inférieure au mètre, avec seulement quatre antennes par kilomètre carré.
Les applications visées sont industrielles et de défense : suivi de travailleurs isolés, traçabilité d'équipements hospitaliers, coordination de secours dans des bâtiments effondrés, navigation en zone de brouillage GPS. Dans un contexte où le brouillage GPS est devenu une tactique courante en zone de conflit et où la résilience des systèmes de navigation est une priorité défense, Wheere adresse un besoin qui n'existait pas comme marché il y a cinq ans.
SWISSto12 : des satellites GEO plus petits, une levée plus grande
SWISSto12, startup spatiale suisse, boucle une Série C de 70 millions de dollars (environ 64 millions d'euros), portant son total levé à plus de 100 millions de dollars. La société avait également sécurisé 73 millions de dollars supplémentaires via le programme HummingSat de l'ESA en janvier 2026. Elle affiche 140 millions de dollars de revenus en 2025 et un carnet de commandes supérieur à 500 millions de dollars, avec des engagements de SES et Viasat.
SWISSto12 construit de petits satellites géostationnaires — une rupture dans un segment où les satellites GEO pesaient traditionnellement plusieurs tonnes et coûtaient plusieurs centaines de millions. La combinaison d'un carnet de commandes solide, d'un soutien ESA et d'une Série C privée dessine un acteur spatial européen qui a passé le stade de la démonstration. Avec 500 millions de dollars de commandes en portefeuille, la question n'est plus la technologie — c'est la capacité de production, ce que ce tour finance précisément.
microagi : le plus grand seed allemand de l'histoire, financé par des données humaines
microagi, startup munichoise fondée par Bercan Kilic — ex-ingénieur aérodynamique chez Red Bull Racing F1 — lève 55 millions de dollars (environ 51 millions d'euros) en seed, le plus grand tour de ce stade jamais réalisé par une startup allemande. Le tour est mené par Hummingbird, avec Northzone, LocalGlobe, Village Global et redalpine.
microagi ne construit ni robots ni modèle fondationnel propriétaire. Son pari est ailleurs : les usines possèdent déjà les robots, mais ces robots ne savent pas exécuter les gestes précis et variables que requiert la production réelle. microagi collecte des données de mouvements humains — via son programme Shift, qui rémunère plus de 20 000 personnes dans 15 pays pour enregistrer leurs gestes physiques — et entraîne des modèles qui permettent de reprogrammer les robots existants.
La logique est celle du travail humain comme matière première d'entraînement : des dizaines de milliers de personnes exécutent des gestes contre rémunération, ces gestes deviennent des données, ces données deviennent de la compétence robotique. C'est une nouvelle forme d'externalisation du savoir-faire ouvrier — non plus vers des pays à bas coûts, mais vers des modèles qui l'absorbent définitivement. Le paradoxe est net : on paie des humains pour apprendre aux machines à remplacer des humains.
Pour les industriels français : microagi ne vend pas des robots, il vend de l'adaptabilité pour les robots que vous avez déjà. C'est un modèle qui s'adresse directement aux PMI manufacturières qui ont des lignes hétérogènes et ne peuvent pas se payer une intégration robotique sur mesure.
Greenjets : la propulsion verte avec le tampon OTAN
Source : eu-startups.com → · Secteur Industrial Tech & Manufacturing — 📬 s'abonner à la newsletter Industrial Tech & Manufacturing
Greenjets, startup aérospatiale londonienne fondée en 2022, lève 35 millions d'euros en Série A. Le tour est mené par Blossom Capital, avec le Fonds d'innovation OTAN (NIF), le National Security Strategic Investment Fund (NSSIF) et des investisseurs existants dont Tanglin Ventures.
Greenjets développe des architectures de propulsion couvrant les ventilateurs carénés électriques jusqu'aux turbofans à réducteur, avec un objectif affiché de réduction du coût de certification. La présence simultanée du Fonds d'innovation OTAN et du NSSIF au tour est le signal le plus lisible : la propulsion aéronautique avancée est traitée comme une capacité de défense autant que comme une technologie civile. Ce n'est plus un tour de deep tech aérospatiale classique — c'est un financement de souveraineté industrielle dans le secteur de la propulsion, avec des institutions de sécurité nationale comme co-investisseurs.
Isometric : certifier l'industrie à l'échelle de l'IA
Isometric, startup londonienne fondée en 2022 par Eamon Jubbawy (co-fondateur d'Onfido), lève 34 millions d'euros en Série A. Le tour est mené par AVP, avec Lowercarbon Capital, Plural, et les business angels John Doerr et Walter Kortschak.
Isometric a commencé comme plateforme de vérification de projets de capture carbone — elle a déjà certifié plus de 16 millions de tonnes pour Microsoft, JPMorgan Chase, Anglo American et Boeing. Avec cette levée, elle étend son périmètre à la certification industrielle au sens large : conformité, sécurité, standards de durabilité, dans un marché estimé à environ 305 milliards d'euros. Sa plateforme Certify ingère des millions de points de données — imagerie satellite, capteurs — pour détecter les anomalies et orienter les cas à risque vers des experts humains.
Le modèle est celui de l'audit augmenté : l'IA traite le volume, l'humain tranche les cas limites. Dans un secteur où la certification est un goulot d'étranglement pour tout projet industriel ou énergétique, réduire le temps de vérification sans compromettre la rigueur réglementaire est une proposition de valeur directement monétisable.
Toutes les levées du jour, par secteur
La liste complète du jour — les opérations décryptées ci-dessus incluses.
Climate & Energy Tech · 6 →
- Greenjets — Greenjets lève 35 M€ en Série A pour sa technologie aérospatiale verte
- VARM — VARM lève 17,5 M€ en Série A pour son plateforme d'isolation thermique résidentielle
- Syntetica — Syntetica lève 30 M$ pour industrialiser le recyclage du nylon en France
- Porelio — Porelio lève 2,4 M€ en pré-seed pour ses matériaux avancés de traitement de l'eau
- Forsee Power — Forsee Power bénéficie d'un refinancement mené par FCAP Investors et Eurazeo
- Visibuilt — Visibuilt lève 3,34 M€ en seed pour ses liants biosourcés pour la construction
Mobility & Transportation · 2 →
- Wheere — Wheere lève 8,5 M€ pour son GPS fonctionnant sous terre et en bâtiments fermés
- A Former Red Bull F1 Engineer Just Raised Germany's Biggest Seed Round Ever - Startup Fortune
B2B Software & Cloud · 1 →
- Mistral — Mistral en discussions avec le fonds EQT pour une levée majeure
Biotech & Pharma · 1 →
- Sightera Biosciences — Sightera Biosciences lève 3 M€ en pré-seed pour sa plateforme IA de découverte de médicaments
Cybersecurity · 1 →
- Stoïk — Stoïk lève 20 M€ en Série C menée par Impala et Opera Tech Ventures
FinTech · 1 →
- PARIS - In Extenso Finance In Extenso Finance Paris
Food & AgTech · 1 →
- Agripower — Agripower lève 0,6 M€ en placement privé pour son activité agricole
HealthTech & Digital Health · 1 →
- Womed — Womed lève plus de 7 M€ pour sa plateforme de santé utérine
Industrial Tech & Manufacturing · 1 →
- Isometric — Isometric lève 34 M€ en Série A pour sa plateforme IA de certification industrielle
RegTech & Compliance · 1 →
- Naaia — Naaia lève 6 M€ pour la conformité à l'AI Act européen
Space Tech · 1 →
- SWISSto12 — SWISSto12 lève 70 M$ en Série C pour développer des petits satellites géostationnaires
The Physical World · 1 →
- Engo — Engo lève 5,1 M€ pour miniaturiser ses lunettes connectées
