Analyse du jour
Analyse des opérations M&A & levée de fonds du 27 juin 2026
Défense, santé, IA et énergies renouvelables : une vingtaine d'opérations en France et en Europe ce 27 juin, des 3 M$ d'un seed barcelonais aux 480 M€ d'Alan — le tour d'horizon complet pour décideurs et investisseurs.
· Proplace
📊 Le pouls du jour — 28 opérations · 13 M&A · 15 levées · 2.4 Md€ en jeu.

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🤝 Opérations M&A du 27 juin 2026
France (🇫🇷)
Safran (équipements aéronautiques & défense, coté) entre en négociations exclusives pour acquérir Exail Technologies (robotique sous-marine, navigation inertielle, photonique, coté) au prix de 128,5 € par action, valorisant la cible à environ 1,6 Md€. L'opération prend la forme du rachat du bloc de contrôle de la famille Gorgé, suivi d'une offre publique obligatoire. Le titre Exail bondit de près de 20 % à l'annonce. L'acquisition intervient six semaines après que Safran a engagé 120 M€ pour tripler ses capacités de production de gyroscopes à résonance hémisphérique sur son site de Montluçon — Exail doublement son propre plan de production de centrales inertielles d'ici 2028 : les deux actifs sont directement complémentaires sur le segment navigation inertielle de défense, où la demande croît structurellement depuis 2022.
Europe (🇪🇺)
SureWerx (équipements de protection individuelle & sécurité industrielle) acquiert Genesi S.r.l. (systèmes de protection contre les chutes, espaces confinés, installation & formation, Bergame, Italie). Montant non communiqué. Genesi conçoit et installe des lignes de vie horizontales et verticales, points d'ancrage, garde-corps, systèmes d'accès et solutions de sauvetage en espace confiné, puis assure la maintenance et la certification des travailleurs. SureWerx monte dans la chaîne de valeur : en ajoutant une capacité d'ingénierie de systèmes et de services récurrents, il se protège de la pression tarifaire des distributeurs sur le matériel EPI standard, tout en ouvrant à Genesi le réseau de distribution nord-américain de SureWerx pour exporter son expertise confinement-sauvetage.
NEXTCHEM (filiale de MAIRE, ingénierie de procédés chimiques durables) finalise l'acquisition du Ballestra Group, comprenant Ballestra S.p.A. et sa marque Mazzoni (détergents bio-sourcés, engrais), BUSS ChemTech AG (Suisse, réacteurs gaz-liquide pour chimie de spécialité) et Ballestra Engineering and Projects Pvt. Ltd. (Inde). L'opération intègre environ 460 collaborateurs en Italie, Suisse et Inde, et élargit le portefeuille de technologies propriétaires de NEXTCHEM à l'ensemble du spectre NPK (azote-phosphore-potassium), aux acides sulfurique, phosphorique et fluorhydrique, aux dérivés fluorés pour batteries lithium-ion, et aux réacteurs de chimie de spécialité. L'accès aux dérivés fluorés pour batteries Li-ion est l'angle non-évident : NEXTCHEM se positionne sur une chaîne d'approvisionnement critique pour la transition énergétique européenne, où la dépendance aux fournisseurs asiatiques reste un risque réglementaire actif.
Orrön Energy AB (producteur d'énergie renouvelable nordique, coté) fusionne sa plateforme nordique avec Cloudberry Clean Energy ASA (producteur d'énergie propre, coté Oslo) dans une opération mixte actions-cash. Orrön apporte sa plateforme nordique (hors parc éolien Karskruv, Suède) à Cloudberry en échange d'une participation de 27,01 % dans l'entité combinée, devenant ainsi son premier actionnaire. La structure — apport d'actifs contre participation minoritaire plutôt que fusion pleine — permet à Orrön de conserver un levier sur la valeur créée sans consolider la dette de Cloudberry, un montage cohérent dans un contexte de taux encore élevés pour les infrastructures renouvelables.
Galaxy Germany Holding SE (véhicule de Persistent Systems Limited, ESN indien coté, services IT & ingénierie logicielle) lance une offre publique d'achat volontaire sur Nagarro SE (services d'ingénierie digitale, coté Francfort) à 81 € par action, soit une prime de 93,5 % sur le cours moyen pondéré des trois derniers mois. Un Business Combination Agreement a été signé entre les trois parties. Une prime de 93,5 % sur trois mois est exceptionnelle pour une cible cotée de services IT en Europe — elle signale soit une valorisation de marché structurellement déprimée de Nagarro, soit que Persistent paie pour accélérer son implantation européenne à un coût qu'il juge inférieur à une croissance organique sur 5 ans.
Schouten Europe (producteur néerlandais de substituts de viande et poisson végétaux, marque de distributeur, présent dans plus de 50 pays depuis 1990) acquiert Bobeldijk Food Group (fabricant néerlandais de produits végétaux en marque de distributeur, Deventer). Montant non communiqué. L'opération renforce la capacité de production et le développement produit de Schouten dans un marché des protéines alternatives qui se consolide autour de la flexibilité, du prix et de la production à façon. Schouten affiche une croissance de chiffre d'affaires supérieure à 30 % l'an dernier malgré la stabilisation de plusieurs marchés — signe que la marque de distributeur et l'export discipliné résistent mieux que les marques propres dans la phase de maturité de la catégorie végétale.
🚀 Levées de fonds du 27 juin 2026
France (🇫🇷)
Alan (assurance santé digitale, Paris, 1,1 million de membres, 37 000 entreprises clientes en France, Espagne, Belgique et Canada) lève 480 M€ en Série G auprès de Prosus (lead), valorisant la société à 5,5 Md€. Alan affiche environ 800 M€ d'ARR au T1 2026, avec une trajectoire vers 1 Md€ d'ARR d'ici fin 2026. Les fonds sont destinés à l'expansion internationale, à d'éventuelles acquisitions et à l'investissement dans les services de santé IA. À 5,5 Md€ pour ~800 M€ d'ARR, le multiple de valorisation (environ 6,9x ARR) est élevé pour un assureur — il reflète la prime accordée à la distribution employeur à rétention structurellement haute, dans un secteur où la plupart des challengers digitaux n'ont pas survécu à la phase de scaling.
Tsuga (plateforme d'observabilité IA pour équipes d'ingénierie, modèle « bring your own cloud », Paris, fondée en 2024) lève 35 M$ en Série A, tour mené par Singular, avec la participation de General Catalyst, Picus, Databricks Ventures, DST Global Partners et Quantumlight. Les fonds financent le déploiement commercial (go-to-market) et l'accélération des agents IA de la plateforme.
Valbiotis (laboratoire français de produits de santé naturels pour la prévention des déséquilibres cardio-métaboliques, coté Euronext Growth) boucle une augmentation de capital de 10,2 M€ avec maintien du droit préférentiel de souscription, auprès de ses actionnaires existants, d'investisseurs institutionnels et de son partenaire chinois Ximen RD PTE Ltd (contrôlé par M. Tao, actionnaire à 51 % de la co-entreprise Valbiotis en Chine). Le produit net (8,9 M€) est alloué à 62 % au besoin en fonds de roulement (stocks & approvisionnement végétal), 25 % au renforcement du réseau commercial (de 16 à 25 attachés de promotion médicale), et 13 % au marketing.
Kalipso (plateforme SaaS de conformité réglementaire assistée par IA, Barcelone) lève 3,2 M$ en Seed pour accélérer son déploiement sur les marchés internationaux. Investisseurs non communiqués.
Europe (🇪🇺)
Scaleup Europe (fonds paneuropéen de croissance tech) annonce un premier closing avec EIFO (Danish Export and Investment Fund, fonds souverain danois) comme anchor investor, sur un objectif de levée de 5 Md€. Le fonds cible les scale-ups technologiques européennes en phase de croissance.
FINN (plateforme d'abonnement automobile, Munich) lève 140 M€ en Série D, tour mené par Portage, valorisant la société à plus d'1 Md€. Les fonds sont destinés à l'expansion de la flotte en abonnement.
Peec AI (startup de recherche IA, Berlin) est en discussions pour lever de nouveaux fonds à une valorisation pré-money de 200 M$, soit environ le double de sa valorisation lors de son dernier tour de 21 M$ en novembre 2025. Montant de la levée et investisseurs non encore communiqués.
G Square (fonds de private equity européen spécialisé healthcare, mid-market à forte croissance) signe un accord pour acquérir 82 % de Valtecne S.p.A. (services de santé, Italie, coté) auprès de la famille Mainetti, sur la base d'une valeur des capitaux propres de 72,5 M€ pour 100 % du capital, au prix de 11,87 € par action (prime d'environ 35 %). G Square lancera ensuite une offre publique obligatoire visant le retrait de la cote. L'opération est soumise à l'autorisation Golden Power du gouvernement italien. Classé en Levées car le pré-tag source est VC/PE, mais il s'agit d'une prise de contrôle à 82 % — opération de buyout majoritaire avec retrait de cote, à lire comme un M&A pur.
RarEarth (startup italienne de recyclage de terres rares) obtient une subvention de 2,5 M€ du Conseil Européen de l'Innovation (EIC) pour construire sa première unité de production industrielle.
OPT (services à haute valeur ajoutée pour les systèmes de santé publics et privés, Italie) entre en Bourse sur Euronext Growth Milan, levant 2 M€ (1,8 M€ hors option de surallocation) pour une capitalisation boursière à l'introduction de 5,3 M€ et un flottant de 33,68 %. Il s'agit de la 35e introduction sur Euronext en 2026.
Journée dense : une vingtaine d'opérations traitées aujourd'hui, couvrant la défense et les systèmes autonomes (Safran / Exail), la santé numérique et les assurtech (Alan à 5,5 Md€), l'IA observabilité (Tsuga), la consolidation industrielle (SureWerx / Genesi, NEXTCHEM / Ballestra), les énergies renouvelables nordiques (Orrön / Cloudberry), le private equity santé (G Square / Valtecne), les fonds de croissance paneuropéens (EIFO, EQT X) et plusieurs levées de taille plus modeste. Les montants s'échelonnent de quelques millions à plusieurs centaines, avec Alan et le fonds Scaleup Europe comme points hauts du jour.
🤝 Opérations M&A
Safran / Exail : quand un motoriste rachète ses yeux sous l'eau
Safran a confirmé engager des négociations exclusives pour acquérir Exail Technologies, spécialiste français des drones sous-marins, de la navigation inertielle et de la photonique, au prix de 128,5 € par action — soit une valorisation d'environ 400 M€ pour le bloc de contrôle de la famille Gorgé, suivie d'une offre publique obligatoire sur le solde. Le titre Exail a bondi de près de 20 % à l'annonce ; Safran a reculé de 1,6 %.
La lecture de surface : Safran se renforce dans les systèmes autonomes de défense, secteur en pleine expansion budgétaire depuis 2022. Exail est souvent cité pour ses drones capables d'accompagner d'éventuelles opérations de déminage du détroit d'Ormuz.
Ce qui mérite attention, c'est la cohérence interne de la séquence. Quelques semaines avant cette annonce, Safran avait investi 120 M€ sur son site de Montluçon pour tripler ses capacités de production de gyroscopes à résonance hémisphérique — un composant clé de la navigation inertielle. Exail est précisément positionné sur ce même marché, avec un plan de doublement de ses propres capacités de centrales inertielles d'ici 2028. Safran ne rachète donc pas une technologie extérieure : il absorbe le doublon industriel qui aurait pu devenir un concurrent, ou pire, tomber dans d'autres mains. L'acquisition vient boucler un investissement capacitaire déjà engagé, en internalisant la chaîne de valeur plutôt qu'en la laissant se développer en face.
Pour un industriel français de défense ou un investisseur en deeptech souveraine, le signal est clair : les groupes de premier rang ne cherchent plus seulement à acquérir des technologies complémentaires — ils sécurisent les maillons critiques de leurs propres filières de production, avant que la montée en charge des budgets de défense ne rende ces actifs hors de prix ou hors de portée.
Agripower : augmentation de capital de 1,85 M€
Agripower, cotée, annonce le succès d'une augmentation de capital par placement privé de 1,85 M€. Opération de renforcement de bilan pour une société de petite capitalisation ; aucun rationnel sectoriel spécifique n'est communiqué au-delà du financement de la croissance.
SureWerx acquiert Genesi et monte dans la chaîne de valeur de la sécurité industrielle
Source : acquire.fyi → · Secteur Industrial Tech & Manufacturing — 📬 s'abonner à la newsletter Industrial Tech & Manufacturing
SureWerx, équipementier canadien de protection individuelle, a acquis Genesi S.r.l., société italienne basée à Bergame spécialisée dans les systèmes de protection contre les chutes, les espaces confinés et la formation à la sécurité. Les termes financiers ne sont pas divulgués.
La distinction qui compte ici n'est pas géographique mais structurelle. SureWerx vend jusqu'ici du matériel — harnais, lignes de vie, équipements catalogués. Genesi conçoit, installe, certifie et maintient des infrastructures de sécurité en site : lignes de vie horizontales et verticales, points d'ancrage, garde-corps, systèmes d'accès. Ce n'est pas un produit, c'est un engagement pluriannuel avec le client. Dans un marché où les distributeurs peuvent compresser les marges sur le matériel standardisé, la prestation d'ingénierie et le contrat de maintenance créent une barrière que le catalogue seul ne peut pas offrir. SureWerx s'achète une position défensive autant qu'une expansion géographique en Europe continentale.
EIFO ancre un fonds paneuropéen de 5 Md€ pour les scale-ups tech
Source : startupresearcher.com →
EIFO, l'organisme danois de financement de l'investissement et de l'exportation, prend position d'ancre dans le fonds Scaleup Europe, ciblant 5 Md€ pour financer la croissance des entreprises technologiques européennes à l'échelle continentale. La contribution d'EIFO s'élève à 200 M€.
L'enjeu n'est pas la somme danoise, mais la structure du signal : un acteur public national qui ancre un véhicule paneuropéen privé envoie un message aux autres LP institutionnels du continent — la garantie implicite d'un premier ticket souverain réduit le risque perçu pour les suivants. C'est le mécanisme classique par lequel l'argent public déverrouille l'argent privé à une échelle qu'aucun des deux ne pourrait atteindre seul. Pour un fonds de croissance français cherchant des co-investisseurs paneuropéens, ce type de structure est à surveiller de près.
NEXTCHEM / Ballestra : la chimie verte s'intègre verticalement
Source : chemindigest.com → · Secteur Industrial Tech & Manufacturing — 📬 s'abonner à la newsletter Industrial Tech & Manufacturing
NEXTCHEM, filiale du groupe MAIRE, a finalisé l'acquisition du groupe Ballestra, comprenant Ballestra S.p.A. (et sa marque Mazzoni), BUSS ChemTech AG en Suisse, et Ballestra Engineering and Projects en Inde — soit environ 460 collaborateurs répartis sur trois continents. Le montant n'est pas divulgué.
Ballestra apporte à NEXTCHEM un portefeuille de technologies propriétaires couvrant l'ensemble du spectre NPK (engrais azote-phosphore-potassium), les acides sulfurique, phosphorique et fluorhydrique, les dérivés fluorés pour batteries lithium-ion, et les réacteurs gaz-liquide pour chimie de spécialité. La combinaison est cohérente : NEXTCHEM travaillait déjà sur la chimie verte et les matériaux avancés ; Ballestra lui donne les procédés industriels pour monter en gamme sur les matériaux critiques de la transition énergétique — notamment les composants de batteries. Les synergies commerciales avec Tecnimont, autre entité de MAIRE spécialisée dans l'ingénierie industrielle, semblent directes.
Orrön Energy fusionne avec Cloudberry pour créer un IPP nordique de référence
Source : newsnreleases.com → · Secteur Climate & Energy Tech — 📬 s'abonner à la newsletter Climate & Energy Tech
Orrön Energy AB transfère sa plateforme d'énergies renouvelables nordiques à Cloudberry Clean Energy ASA (cotée à Oslo) en échange d'une participation de 27,01 % dans l'entité combinée, assortie d'une composante cash. La ferme éolienne de Karskruv en Suède est exclue de l'opération.
La logique est celle de la masse critique : deux producteurs indépendants d'énergie (IPP) nordiques de taille intermédiaire, qui peinent séparément à accéder aux meilleures conditions de financement de projets, créent ensemble une plateforme suffisamment grande pour peser face aux utilities établies et aux fonds d'infrastructure. Orrön devient le premier actionnaire de Cloudberry élargi, sans débourser de cash significatif — il apporte ses actifs, récupère une position de contrôle partiel dans un véhicule coté plus liquide. Pour un investisseur en infrastructure renouvelable, ce type de consolidation par échange d'actifs est souvent plus efficient fiscalement et stratégiquement qu'une acquisition classique.
Anthropic recrute le Chief AI Officer d'Orange pour l'Europe
Anthropic a recruté Steve Jarrett, Chief AI Officer d'Orange depuis 2019, pour accélérer son développement commercial en Europe. Pas d'opération financière directe, mais un mouvement de personnel révélateur.
La prochaine bataille de l'IA générative ne se jouera pas entre modèles dans des benchmarks, mais dans les directions informatiques des grands groupes européens. Recruter quelqu'un qui a passé sept ans à convaincre un opérateur télécom de 300 000 personnes d'intégrer l'IA dans ses processus, c'est acheter un carnet d'adresses et une crédibilité institutionnelle que les ingénieurs de San Francisco ne peuvent pas improviser. Anthropic signale qu'il prend l'Europe au sérieux — pas comme marché secondaire, mais comme terrain de conquête face à OpenAI.
Schouten acquiert Bobeldijk : la protéine végétale entre dans sa phase industrielle
Schouten Europe, producteur néerlandais de longue date en alimentation végétale, a acquis Bobeldijk Food Group, concurrent familial basé à Deventer, pour renforcer ses capacités de production en marque blanche sur le marché européen. Termes non divulgués.
Le secteur de la protéine végétale a traversé un cycle complet en moins de dix ans : euphorie, surinvestissement, correction, et maintenant consolidation disciplinée. Schouten affichait plus de 30 % de croissance l'an dernier malgré la stabilisation de plusieurs marchés de vente — signe que la marque blanche, l'export et la rigueur de formulation résistent mieux que les marques grand public qui avaient surfé sur l'enthousiasme initial. Bobeldijk renforce exactement ces atouts. La catégorie ne disparaît pas ; elle se restructure autour de quelques opérateurs industriels sérieux.
Nagarro / Galaxy Germany Holding (Persistent Systems) : une OPA à 93,5 % de prime
Galaxy Germany Holding SE, véhicule de l'indien Persistent Systems, a annoncé une offre publique d'achat volontaire sur Nagarro SE à 81 € par action, soit une prime de 93,5 % sur le cours moyen pondéré des trois derniers mois. Un accord de rapprochement (Business Combination Agreement) a été signé entre les parties.
Une prime de presque 100 % sur trois mois ne s'explique pas par un enthousiasme passager : elle reflète soit une décote de marché anormalement sévère sur Nagarro avant l'offre, soit la valeur stratégique très élevée que Persistent attribue à l'intégration. Nagarro est une société de services IT cotée à Francfort, forte de plusieurs milliers d'ingénieurs et d'une présence européenne établie. Pour Persistent, acteur indien de l'IT en forte croissance, racheter Nagarro revient à s'acheter une légitimité et une base client en Europe occidentale sans les délais d'une construction organique. La prime élevée est le prix de la vitesse.
G Square acquiert 82 % de Valtecne et prépare le retrait de cote
Source : uk.marketscreener.com →
G Square, fonds de private equity européen spécialisé dans la santé, a signé un accord pour acquérir environ 82 % du capital de Valtecne SpA (Italie) auprès de la famille Mainetti, sur la base d'une valorisation totale de 72,5 M€. L'offre est fixée à 11,87 € par action, soit une prime d'environ 35 %. G Square lancera ensuite une OPA en vue du retrait de cote. L'opération est soumise à l'obtention du Golden Power italien.
Opération classique de public-to-private par un fonds spécialisé : racheter le contrôle familial, sortir de la cote pour opérer sans les contraintes réglementaires et de communication d'un marché public, puis réaliser les transformations nécessaires dans un horizon de fonds. La mention du Golden Power — mécanisme de contrôle gouvernemental italien sur les actifs stratégiques — indique que Valtecne opère dans un secteur sensible, probablement la santé ou les dispositifs médicaux, où l'État peut s'opposer ou conditionner une prise de contrôle étrangère.
EQT X : un fonds de buyout européen à horizon long
EQT AB annonce le lancement d'EQT X, son dixième fonds de private equity, articulé autour d'une stratégie de buyout à horizon long en Europe. Le montant cible n'est pas précisé dans les informations disponibles.
EQT est l'un des gestionnaires d'actifs alternatifs les plus importants d'Europe du Nord. Le lancement d'un dixième millésime confirme la continuité d'une stratégie de long terme dans un environnement de taux qui a rendu les LBO plus sélectifs depuis 2022. Un fonds « long-horizon » signale explicitement que EQT ne cherche pas à sortir dans les cinq ans habituels — stratégie cohérente pour des actifs industriels ou de services nécessitant des transformations profondes.
🚀 Levées de fonds
Alan lève 480 M€ à 5,5 Md€ de valorisation : la survie comme modèle
Source : techround.co.uk → · Secteur FinTech — 📬 s'abonner à la newsletter FinTech
Alan, l'assureur santé digital parisien, a bouclé un tour de série G de 480 M€ mené par Prosus, à une valorisation de 5,5 Md€. La société revendique environ 800 M€ de revenus récurrents annuels au T1 2026, une trajectoire vers le milliard d'ici fin d'année, 1,1 million de membres et 37 000 entreprises clientes en France, Espagne, Belgique et Canada.
C'est l'une des plus grandes levées non-IA d'Europe cette année. La lecture immédiate : Alan confirme sa place parmi les rares licornes européennes capables de lever à cette échelle dans un marché devenu sélectif.
Ce qui est moins dit : Alan a survécu là où presque tous ses pairs ont disparu. La santé digitale a produit plus de faillites que de succès depuis 2018 — les challengers qui ont sous-estimé la rigidité réglementaire, la volatilité des sinistres et l'impossibilité d'une tarification parfaite ont tous trébuché. Alan a tenu parce qu'il a choisi la distribution B2B (employeurs, avantages salariaux) plutôt que le direct-to-consumer coûteux, et parce qu'il a construit une discipline opérationnelle avant de chercher la croissance internationale.
Les 480 M€ ne sont donc pas un pari sur un potentiel futur : ils financent une expansion internationale et des acquisitions depuis une base qui génère déjà des revenus substantiels. Pour un investisseur ou un dirigeant français, Alan est aujourd'hui moins un exemple de disruption que de résilience industrielle dans un secteur qui détruit les imprudents. La prochaine question — à laquelle ce tour ne répond pas encore — est de savoir si le modèle tient à l'international aussi bien qu'en France.
Tsuga lève 35 M$ en série A : la souveraineté des données comme argument commercial
Tsuga, startup parisienne fondée en 2024, a levé 35 M$ en série A auprès de Singular, General Catalyst, Picus, Databricks Ventures, DST Global Partners et Quantumlight. La société développe une plateforme d'observabilité pour environnements IA, reposant sur un modèle « bring your own cloud » — l'ingénieur garde ses données dans sa propre infrastructure plutôt que de les confier au fournisseur d'outil.
L'observabilité — surveiller en temps réel ce que font les systèmes logiciels — est un marché dominé par des acteurs comme Datadog ou New Relic, dont les modèles SaaS centralisés ont été conçus avant que l'IA ne devienne le cœur des architectures. Tsuga parie que les équipes engineering des grandes entreprises, confrontées à des coûts d'observabilité explosifs et à des exigences croissantes de souveraineté des données (RGPD, NIS2, réglementations sectorielles), voudront reprendre le contrôle. La présence de Databricks Ventures au tour n'est pas anodine : Databricks est lui-même un acteur du « data lakehouse » qui a construit sa croissance sur la promesse de garder les données chez le client. La cohérence des investisseurs valide la thèse autant que le produit.
Valbiotis boucle une augmentation de capital de 10,2 M€
Valbiotis, laboratoire français spécialisé dans les produits de santé naturels pour la prévention des déséquilibres cardio-métaboliques (coté Euronext Growth), annonce le succès d'une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription pour un montant de 10,2 M€ (produit net d'environ 8,9 M€). Les fonds seront affectés à hauteur de 62 % au besoin en fonds de roulement (stocks et filière végétale), 25 % au renforcement de la force commerciale (passage de 16 à 25 attachés de promotion médicale), et 13 % au marketing. Le partenaire chinois M. Tao a participé à l'opération via sa société Ximen RD PTE Ltd.
Structure classique d'une PME cotée qui finance son passage à l'échelle commerciale : le produit est validé, la distribution reste à construire. La participation du partenaire chinois signale une ambition internationale déjà engagée.
Kalipso lève 3,2 M$ en seed : la conformité réglementaire comme SaaS
Source : thesaasnews.com → · Secteur B2B Software & Cloud — 📬 s'abonner à la newsletter B2B Software & Cloud
Kalipso, startup barcelonaise, a levé 3,2 M$ en seed pour étendre sa plateforme de conformité réglementaire alimentée par l'IA à l'international. Tour modeste, thèse cohérente : la prolifération des réglementations (DORA, AI Act, NIS2, CSRD) crée une demande structurelle pour des outils qui automatisent le suivi de conformité, marché encore très fragmenté.
OPT s'introduit sur Euronext Growth Milan pour 2 M€
OPT, société italienne de services à haute valeur ajoutée pour le secteur de la santé (optimisation des parcours de soins, intégration des parties prenantes hospitalières, pharmaceutiques et medtech), s'est introduite sur Euronext Growth Milan en levant 2 M€ à une capitalisation de 5,3 M€. Il s'agit de la 35e introduction sur Euronext en 2026.
Micro-IPO sur un segment de niche : OPT se positionne comme intermédiaire opérationnel entre hôpitaux, industriels du médicament et patients. La taille est modeste, mais l'accès aux marchés de capitaux ouvre des options de croissance externe que le financement privé ne permettait pas.
Peec AI (Berlin) vise 200 M$ de valorisation dans un nouveau tour
Peec AI, startup berlinoise spécialisée dans la recherche IA, est en discussions pour lever un nouveau tour à une valorisation pré-money de 200 M$, soit environ le double de sa valorisation précédente. La société avait levé 21 M$ en novembre dernier. Les détails du tour en cours ne sont pas encore divulgués.
RarEarth lève 2,5 M€ via subvention EIC pour sa première usine de recyclage de terres rares
Source : eustartups.news → · Secteur Climate & Energy Tech — 📬 s'abonner à la newsletter Climate & Energy Tech
RarEarth, startup italienne, a obtenu une subvention de 2,5 M€ du Conseil européen de l'innovation (EIC) pour construire sa première unité de production de recyclage de terres rares. Le financement non-dilutif de l'EIC valide techniquement le projet et sert souvent de signal pour attirer des co-investisseurs privés dans un second temps. Le recyclage des terres rares — indispensables aux aimants permanents des moteurs électriques et des éoliennes — est un enjeu de souveraineté industrielle pour l'Europe, très dépendante des chaînes d'approvisionnement chinoises.
FINN lève 140 M€ en série D : l'abonnement automobile franchit le milliard
Source : thesaasnews.com → · Secteur B2B Software & Cloud — 📬 s'abonner à la newsletter B2B Software & Cloud
FINN, plateforme allemande d'abonnement automobile, a levé 140 M€ en série D mené par Portage, atteignant une valorisation supérieure à 1 Md€. Les fonds sont destinés à étendre la flotte de véhicules disponibles à l'abonnement.
L'abonnement automobile est un modèle qui parie sur deux tendances simultanées : la montée de l'usage sur la propriété chez les urbains, et la complexité croissante du choix entre thermique, hybride et électrique qui pousse certains consommateurs à préférer la flexibilité. FINN a construit sa position en Allemagne et cherche à l'étendre. Le tour à 140 M€ est substantiel mais cohérent avec un modèle asset-heavy : les véhicules sont des actifs qui se financent, et la croissance de la flotte nécessite du capital proportionnel aux ambitions.
CapMan Infra : premier closing du Nordic Infrastructure III à 750 M€
CapMan Infra (Helsinki) annonce le premier closing de son fonds Nordic Infrastructure III, ciblant 750 M€ pour investir dans des infrastructures nordiques (énergie, transport, numérique). Le montant du premier closing n'est pas précisé.
Les fonds d'infrastructure nordiques bénéficient d'un contexte favorable : les pays scandinaves investissent massivement dans la transition énergétique et les réseaux, avec des cadres réglementaires stables et des rendements prévisibles. Pour un investisseur institutionnel français cherchant à diversifier son exposition infrastructure en Europe du Nord, ce type de véhicule mérite attention.
Almetra lève 16,3 M€ en série A pour l'intelligence de production
Almetra, startup berlinoise spécialisée dans les plateformes d'intelligence de fabrication, a levé 16,3 M€ en série A pour accélérer son expansion aux États-Unis. La plateforme aide les industriels à piloter et optimiser leurs processus de production en temps réel.
Le segment « manufacturing intelligence » — donner aux opérateurs d'usine une visibilité temps réel sur leurs lignes — est en forte croissance à mesure que l'industrie européenne cherche à compenser la hausse des coûts énergétiques et salariaux par des gains de productivité. La cible américaine indique qu'Almetra a validé son modèle en Europe et cherche maintenant l'échelle.
Leyden Labs lève 40 M€ pour sa plateforme d'anticorps intranasaux
Leyden Labs (Leiden, Pays-Bas) a levé 40 M€ pour avancer sa plateforme d'anticorps intranasaux ciblant la grippe, les coronavirus et d'autres virus respiratoires. La voie intranasale est une approche distinctive : elle vise à bloquer l'infection au point d'entrée plutôt qu'à déclencher une réponse immunitaire systémique, ce qui pourrait offrir une protection plus rapide et plus locale.
Talentir lève 4 M€ en seed pour les paiements créateurs
Talentir (Vienne) a levé 4 M€ en seed pour développer sa plateforme de paiement pour créateurs, freelances et contractants. Le segment des travailleurs indépendants — qui peinent à accéder aux mêmes outils financiers que les salariés — reste sous-équipé malgré une croissance structurelle du travail non-salarié en Europe.
Wayout International lève 2,42 M€ pour l'eau potable décentralisée
Wayout International (Suède) a levé 2,42 M€ en extension de série A pour déployer son infrastructure décentralisée d'eau potable. La société produit des unités autonomes de traitement de l'eau, déployables sans raccordement au réseau — modèle pertinent pour les marchés émergents ou les zones rurales mal desservies.
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