Analyse des opérations M&A & levée de fonds du 31 juillet 2026
Infrastructures souveraines, consolidation financière européenne et IA embarquée : les mouvements du capital aujourd'hui dessinent les rapports de force de demain — le tour d'horizon complet pour décideurs et investisseurs.
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L'infrastructure numérique et la souveraineté industrielle dominent la journée, des data centers d'Orange aux GPU de NEVERHACK, en passant par l'IA de combat de Harmattan AI et la consolidation bancaire irlandaise de BAWAG. En parallèle, deux dynamiques de fond se confirment : la consolidation défensive dans les secteurs matures (emballage industriel, injection plastique, assurance) et l'accélération des build-up technologiques en Europe, avec Legora qui signe sa cinquième acquisition de l'année. Le capital ne cherche pas une direction unique ce jour-là — il se repositionne simultanément sur l'infrastructure physique, la souveraineté réglementaire et les plateformes à effets de réseau.
🤝 Fusions-acquisitions du jour · 17
À la une — les opérations décryptées
Orange construit 400 MW souverains — et ce n'est pas une décision immobilière
Orange annonce un investissement de 3 milliards d'euros dans ses data centers français, en partenariat avec Morrison, pour atteindre 400 MW de capacité souveraine.
La lecture immédiate : l'opérateur historique prend sa part du grand cycle d'investissement en infrastructure IA, comme tous ses concurrents européens. Un mouvement défensif autant qu'offensif, pour ne pas céder ce terrain aux hyperscalers américains.
Mais regardons ce que ce chiffre signifie concrètement. 400 MW, c'est la consommation électrique permanente d'une ville de plusieurs centaines de milliers d'habitants — une infrastructure qui ne se démonte pas, qui engage des décennies de contrats d'approvisionnement énergétique, et qui crée une dépendance structurelle au réseau haute tension français. Orange ne construit pas des serveurs : il construit des actifs fixes comparables à des centrales, avec les mêmes contraintes de rentabilité sur durée longue. Ce que le mot « souverain » signifie ici n'est pas d'abord politique — c'est l'ancrage géographique et réglementaire d'une infrastructure qui, une fois posée, devient un avantage de localisation inattaquable pour les clients soumis au RGPD et aux réglementations sectorielles françaises et européennes. Pour un acteur industriel ou financier français qui hésite entre AWS Paris et une infrastructure Orange certifiée, la question se résout d'elle-même dès que la donnée traitée est sensible.
VusionGroup acquiert dans le retail media — la donnée de rayon devient actif financier
VusionGroup annonce une acquisition stratégique dans le retail media, dans un contexte de forte croissance au premier semestre 2026, avec un chiffre d'affaires semestriel de 839 millions d'euros.
VusionGroup est l'éditeur mondial des étiquettes électroniques de rayon. Ce que cette acquisition révèle, c'est la logique suivante : une fois que vous équipez les rayons de milliers de supermarchés avec des capteurs connectés, vous disposez d'une donnée temps réel sur les comportements d'achat physiques que nul autre acteur ne possède. Le retail media — la publicité ciblée dans le point de vente — est le prochain grand marché publicitaire, et il repose précisément sur cette donnée. VusionGroup ne rachète pas une régie publicitaire : il monétise l'infrastructure qu'il a déjà installée, transformant chaque linéaire en inventaire publicitaire valorisable. Pour un distributeur ou une marque grande consommation, la question n'est plus de savoir si cette transformation aura lieu, mais à quelle vitesse ils seront en mesure d'en capturer la valeur.
Lactalis entre en négociations exclusives pour acquérir Triballat

Lactalis engage des négociations exclusives pour acquérir Triballat, producteur français de spécialités laitières, pour un montant de l'ordre de 365 millions d'euros.
Triballat est connu notamment pour ses marques de fromages de chèvre et de spécialités végétales (Sojasun). La logique est celle d'une consolidation de filière : Lactalis, premier groupe laitier mondial, renforce ses positions sur les segments à marges supérieures — le fromage de spécialité résiste mieux à la pression des marques de distributeurs que le lait standard. Dans un secteur agricole sous pression des coûts d'intrants et de l'inflation, le seul espace de valeur durable est la spécialité différenciée — Lactalis l'achète plutôt que de la construire.
Béaba Suavinex : cinquième LBO, même logique

Béaba Suavinex, groupe de puériculture franco-espagnol, boucle un cinquième LBO d'environ 40 millions d'euros, changeant de sponsor majoritaire — Bluegem CP cède sa place à un nouveau fonds.
Un cinquième LBO sur une même société n'est pas un signe de faiblesse : c'est la marque d'un actif dont la génération de cash est suffisamment prévisible pour être refinancée à chaque cycle. La puériculture premium résiste aux cycles économiques parce que les parents arbitrent peu sur la sécurité de leurs enfants — c'est exactement le type d'actif défensif que les fonds cherchent quand les marchés deviennent incertains.
Icade prend le contrôle de Comet — une foncière qui change de métier

Icade acquiert 81,5 % de Comet, spécialiste des espaces événementiels corporate, pour environ 40 millions d'euros (jusqu'à 55 millions avec le complément de prix conditionnel).
Comet réalise 43,9 millions d'euros de chiffre d'affaires, opère 12 sites en Île-de-France et 2 en Europe, et sert près de 7 000 entreprises clientes. La lecture évidente : Icade, foncière sous pression de la dévalorisation des bureaux depuis 2020, pivote vers des usages à plus forte intensité de service.
Mais le mouvement est plus profond. Comet n'est pas un opérateur d'espaces : c'est une plateforme de services B2B récurrents adossée à de l'immobilier. En l'achetant, Icade ne rachète pas des mètres carrés — il rachète une base de 7 000 clients grands comptes avec des besoins événementiels réguliers, et une marque de services capable de valoriser des actifs immobiliers qu'une foncière classique ne saurait plus louer à plein. Pour une foncière cotée dont le cours souffre de la vacance bureaux, transformer un immeuble en actif opéré à fort taux d'occupation servicielle, c'est la seule façon de défendre la valeur d'actif sans attendre le retour d'un marché locatif qui tarde. Icade ne diversifie pas : il se réinvente.
Ekinops intègre Chimere et confirme sa trajectoire
Ekinops publie un chiffre d'affaires semestriel de 58,2 millions d'euros (+2 % sur un an) et confirme ses objectifs annuels. L'acquisition de Chimere, intégrée depuis avril 2026 pour 3 millions d'euros, contribue encore marginalement au semestre mais renforce le pôle cybersécurité, qui représente désormais 6 % des ventes.
L'équipementier de réseaux optiques consolide méthodiquement ses positions sur la connectivité des data centers et la sécurité des réseaux — deux marchés portés par les mêmes investissements d'infrastructure que ceux d'Orange. Ekinops joue la même vague, à une échelle de PME cotée : la montée en puissance de l'interconnexion des data centers est une certitude structurelle, et chaque acquisition de brique logicielle complémentaire renforce la stickiness client.
L'UE lance son appel d'offres pour les gigafactories d'IA européennes
L'Union européenne ouvre son appel d'offres pour construire les premières gigafactories d'IA en Europe — des infrastructures de calcul massif destinées à doter le continent d'une capacité d'entraînement de modèles qui ne dépende pas des hyperscalers américains.
C'est la réponse institutionnelle à une réalité simple : sans infrastructure de calcul souveraine, toute politique d'IA européenne reste théorique. L'appel d'offres transforme la volonté politique en commande publique — ce qui, pour les acteurs industriels et les fonds d'infrastructure, ouvre un cycle de contrats de long terme comparable aux grandes concessions énergétiques.
Deepki acquiert au Royaume-Uni — la data ESG traverse la Manche
Deepki, éditeur français de gestion de données environnementales pour l'immobilier, boucle une nouvelle acquisition au Royaume-Uni (montant non communiqué).
Deepki est déjà présent dans plusieurs pays européens et accompagne les grands propriétaires immobiliers dans leur conformité ESG. Cette acquisition britannique consolide sa position sur un marché où la réglementation sur la performance énergétique des bâtiments se durcit. Dans l'immobilier, la donnée carbone est en train de devenir aussi structurante que la donnée financière — et celui qui la maîtrise pour un portefeuille d'actifs détient un levier de valorisation que les foncières ne peuvent plus ignorer.
Legora acquiert Wexler — cinq acquisitions en 2026, une logique d'infrastructure

Legora, la licorne suédoise de l'IA juridique valorisée 4,7 milliards d'euros après sa série D de 513 millions d'euros, acquiert le londonien Wexler, une plateforme d'extraction et de vérification de faits dans des documents non structurés.
C'est la cinquième acquisition de Legora en 2026, après notamment Cadastral (IA pour l'immobilier commercial à New York) et Qura (recherche juridique à Stockholm). L'équipe ingénierie de Wexler devient le noyau fondateur du hub londonien de Legora.
La logique n'est pas celle d'un consolidateur qui achète de la croissance : Legora construit couche par couche un système d'exploitation pour le travail juridique. La recherche (Qura), les faits (Wexler), les agents spécialisés par secteur (Cadastral) — chaque acquisition ajoute une capacité que les concurrents devront reconstruire de zéro. Quand un CEO dit que « les requêtes factuelles vont se multiplier par des ordres de grandeur avec les systèmes agentiques », il décrit une infrastructure dont la valeur croît avec le volume de travail traité — pas une application, un péage. Pour un cabinet d'avocats ou un département juridique, le coût de migration hors de ce système augmentera à chaque nouvelle couche intégrée.
BAWAG rachète PTSB pour 1,6 milliard d'euros — la consolidation bancaire européenne s'accélère

BAWAG, banque autrichienne, obtient l'approbation de 91,3 % des actionnaires de PTSB pour son rachat à 1,6 milliard d'euros — soit 2,97 euros par action, prime significative sur le cours pré-annonce. L'opération doit encore recevoir le feu vert de la Haute Cour irlandaise et de la BCE, avec une finalisation attendue au premier trimestre 2027.
PTSB est l'une des trois banques de détail irlandaises. L'Irlande, après la crise de 2008-2011, a consolidé son secteur bancaire de façon drastique ; PTSB en est l'un des derniers acteurs indépendants. BAWAG, qui s'est déjà développé aux États-Unis et dans plusieurs pays européens, achète une franchise de dépôts stables dans une économie irlandaise parmi les plus dynamiques d'Europe — c'est le type d'actif rare que la réglementation bancaire rend très difficile à construire de zéro. Pour un acquéreur paneuropéen, l'Irlande est une porte d'entrée anglophone dans le marché unique : la prime payée se comprend à cette aune.
Mapfre prend 38,9 % de Tuio — l'assurance teste l'IA agentique

Mapfre, assureur international espagnol, acquiert 38,9 % du capital de l'insurtech espagnole Tuio pour 411 millions d'euros (structure mixte : rachat de parts existantes et augmentation de capital).
Tuio se présente comme la première application d'assurance intégrée à ChatGPT, et revendique que plus de 20 % de ses nouveaux clients passent désormais par des assistants IA. L'opération reste minoritaire — Mapfre n'achète pas le contrôle, il achète un droit d'observation privilégié et une option sur l'avenir de la distribution.
La vraie question n'est pas de savoir si Tuio va réussir : c'est de savoir si la distribution d'assurance par agent conversationnel va s'imposer assez vite pour menacer les réseaux traditionnels. Mapfre paie pour ne pas avoir à répondre à cette question dans l'urgence — une forme d'assurance sur sa propre transformation, structurée comme une prise de participation minoritaire plutôt qu'un pari de contrôle.
ZOĪ, PRENUVO et la médecine préventive comme industrie
Le secteur de la médecine préventive continue sa structuration : AHEAD HEALTH (Suisse) lève 9 millions d'euros supplémentaires et s'implante en Allemagne et aux Pays-Bas, dans un mouvement qui accompagne la montée en puissance d'acteurs comme ZOĪ et PRENUVO combinant imagerie, biologie, IA et suivi longitudinal.
La médecine préventive suit la même trajectoire que la fintech il y a dix ans : des acteurs qui partent des marges du système de santé pour en redéfinir l'entrée. Le vrai enjeu de valorisation sera la capacité à agréger des données longitudinales sur des millions de patients — une fois cette base constituée, elle devient inattaquable.
ARBURG acquiert Stork IMM — consolidation défensive dans l'injection plastique

ARBURG, fabricant allemand de machines d'injection plastique, acquiert Stork IMM (Pays-Bas, segment machines haute vitesse pour l'emballage alimentaire), montant non communiqué.
Le contexte est explicitement défensif : volumes en baisse, concurrence internationale accrue, économies d'échelle nécessaires. Stork IMM est reconnu dans le segment premium des grandes machines (plus de 5 000 kN de force de fermeture) pour l'emballage fin. ARBURG étend son spectre de gamme vers le haut plutôt que de baisser ses prix — une réponse classique à la pression concurrentielle qui préserve le positionnement premium tout en mutualisant les coûts de distribution et de service.
Kaleidex acquiert Meditec Source — entrée dans le cluster chirurgical de Tuttlingen

Kaleidex (CMO de dispositifs médicaux, soutenu par Ansor) acquiert Meditec Source GmbH, spécialiste des instruments chirurgicaux basé à Tuttlingen (Allemagne), montant non communiqué.
Tuttlingen concentre une part considérable de la production mondiale d'instruments chirurgicaux — c'est une géographie industrielle aussi structurante que la Silicon Valley pour le logiciel. Cette première acquisition allemande de Kaleidex lui donne accès à un réseau de sous-traitants, de certifications réglementaires et de compétences techniques en orthopédie et chirurgie spinale qui ne s'improvise pas. Pour un CMO qui veut servir les grands fabricants de dispositifs médicaux européens, être présent à Tuttlingen n'est pas optionnel — c'est une condition d'accès au marché.
French Tech 2030 — l'appel à candidatures est ouvert
La French Tech ouvre les candidatures pour le programme French Tech 2030, en citant Quobly, Exotrail et Aqemia comme exemples de la promotion précédente — trois deeptech (quantique, propulsion spatiale, chimie computationnelle) qui ont chacune levé des tours significatifs depuis leur labellisation.
Le programme est un signal d'orientation du capital public vers des secteurs à long cycle d'investissement. Pour un investisseur privé, la labellisation French Tech 2030 fonctionne comme un signal de co-investissement potentiel avec l'État — et donc comme un réducteur de risque sur les tours suivants.
Portugal : taxe sur les surprofits pétroliers à 33 %
Le Portugal approuve une taxe de 33 % sur les surprofits des compagnies pétrolières. Mesure de politique fiscale sans opération de marché associée, mais signal pour les acteurs de l'énergie présents en péninsule ibérique : la pression réglementaire sur les rentes fossiles continue de s'intensifier en Europe du Sud.
Toutes les fusions-acquisitions du jour, par secteur
La liste complète du jour — les opérations décryptées ci-dessus incluses.
B2B Software & Cloud · 2 →
- Balio — Contents acquiert Balio (bien-être d'entreprise, Espagne)
- Afidium — Travelsoft rachète Afidium via Orchestra (logiciel voyage, France)
Commerce & Consumer · 2 →
- Comet — Icade prend le contrôle de Comet (événementiel, France)
- Spas Organisation — UNIFY Group finalise l'acquisition de Spas Organisation (événementiel, France)
Industrial Tech & Manufacturing · 2 →
- Stork IMM — ARBURG acquiert Stork IMM (machines de plasturgie, Pays-Bas)
- AEMtec — Micross acquiert AEMtec (emballage avancé et optoélectronique, Allemagne)
MedTech & Devices · 2 →
- Meditec Source — Kaleidex acquiert Meditec Source (dispositifs chirurgicaux, Allemagne)
- Gerresheimer — Apax acquiert deux divisions d'emballage pharma de Gerresheimer (Allemagne)
D2C & Consumer Brands · 1 →
- Béaba Suavinex — Béaba Suavinex fait l'objet d'un LBO (puériculture, France)
FinTech · 1 →
- PTSB — BAWAG rachète PTSB (banque, Irlande) pour 1,6 Md€
Food & AgTech · 1 →
- Triballat — Lactalis entre en négociation exclusive pour acquérir Triballat (fromage, France)
Future of Work & HR Tech · 1 →
- RHSuite.com — Silae acquiert RHSuite.com (logiciel RH, France)
Health & Wellness · 1 →
- Les Laboratoires Herbolistique — Les Laboratoires Herbolistique fait l'objet d'un LBO (cosmétiques, France)
InsurTech · 1 →
- Tuio — Mapfre acquiert 38,9% de Tuio (distribution d'assurance digitale, Espagne)
Legal Tech · 1 →
- Wexler — Legora acquiert Wexler (IA juridique, Royaume-Uni)
Retail & E-commerce Tech · 1 →
- Vusion — Vusion affiche forte croissance et acquisition stratégique en Retail Media
Autres opérations (secteur non classé) · 1
- Orange injecte 3 milliards d'euros dans ses data centers français avec Morrison et vise 400 MW de capacité souveraine - Lavoixdefrance.fr
🚀 Levées de fonds du jour · 13
À la une — les opérations décryptées
Harmattan AI lève 200 millions de dollars avec Dassault Aviation — l'IA embarquée entre dans la chaîne de commandement
Source : ideal-investisseur.fr →

Harmattan AI boucle une série B de 200 millions de dollars (~184 millions d'euros), valorisée 1,4 milliard de dollars, avec Dassault Aviation comme meneur de tour.
L'objet : intégrer de l'intelligence artificielle embarquée dans les futurs systèmes de combat aérien de Dassault — contrôle de drones autonomes dans le cadre du Rafale F5 et du programme UCAS (unmanned combat air system).
La lecture évidente : une deeptech française de défense lève un tour important avec son client industriel comme investisseur principal. Classique de la relation startup-grand groupe.
Mais le mécanisme est plus singulier. Dassault ne prend pas une participation minoritaire dans une startup prometteuse pour diversifier son portefeuille : il finance la R&D d'une capacité dont il a besoin pour rester dans la compétition mondiale sur les systèmes de combat de 5e génération. L'argent investi dans Harmattan AI est, pour une part significative, de la R&D externalisée — mais avec un avantage décisif sur la R&D interne : la startup reste agile, recrutée sur le marché IA civil, et peut attirer des profils que Dassault ne saurait pas recruter directement. Ce que Dassault achète avec ces 200 millions n'est pas une participation financière : c'est la capacité à ne pas dépendre d'un fournisseur américain pour le cerveau de ses futurs appareils. Dans un contexte où la souveraineté technologique de défense redevient un enjeu géopolitique de premier ordre, la valorisation à 1,4 milliard de dollars d'une startup de deux ans reflète moins sa traction commerciale que la valeur de remplacement d'une dépendance que la France ne peut pas se permettre.
NEVERHACK lève 11 M€ auprès de Carlyle et IK Partners — la cybersécurité souveraine se dote de GPU
Source : jaimelesstartups.fr →

NEVERHACK lève 11 millions d'euros auprès de ses actionnaires existants Carlyle et IK Partners pour accélérer sur l'IA cyber souveraine.
La société affiche 220 millions d'euros de chiffre d'affaires et déploie des infrastructures GPU en France, en Italie et en Estonie. L'usage des fonds est précis : industrialiser les solutions d'IA cyber, étendre les infrastructures de confiance européennes, renforcer les équipes techniques.
Le détail qui compte : NEVERHACK investit dans des capacités de calcul localisées en Europe pour traiter des journaux de sécurité, détecter des comportements anormaux et automatiser la réponse à incident — sans que les données sensibles de ses clients défense, finance ou énergie ne transitent par des infrastructures extra-européennes. C'est un tour interne, ce qui signifie que Carlyle et IK ne cherchent pas de signal de marché extérieur : ils financent l'exécution d'une thèse qu'ils ont déjà validée. Pour un RSSI d'une organisation publique ou d'infrastructure critique, la question de la localisation du calcul de sécurité n'est plus un débat théorique — c'est une exigence réglementaire qui se précise.
Aria lève 7 M€ et déploie 240 M€ de capacité de financement — la fintech qui achète les créances

Aria boucle une extension de série A de 7 millions d'euros, menée par 115K (le fonds de La Banque Postale), portant son total de série A à 22 millions d'euros. En parallèle, la fintech parisienne lance une facilité de dette de 240 millions d'euros structurée via un fonds de titrisation mené par Nomura.
Le modèle : Aria achète les factures des fournisseurs, les transfère à un véhicule de titrisation, qui émet des titres adossés aux paiements futurs des acheteurs. Le capital se recycle à chaque règlement de facture.
Ce qui est remarquable ici, c'est la disproportion entre le tour equity (7 M€) et la capacité de financement déployée (240 M€) — un ratio de levier de l'ordre de 34 pour 1. Aria ne construit pas une balance sheet de prêteur : elle construit une infrastructure de marché, dont la valeur est dans le tuyau et non dans le stock. C'est la même logique que les grandes plateformes de paiement — la marge est faible par transaction, mais le volume est le vrai actif. Pour un directeur financier de PME qui attend 60 jours ses règlements, c'est de la trésorerie immédiate sans dilution ni dette bancaire — un produit dont l'adoption est structurellement tirée par la réglementation sur les délais de paiement.
The Exploration Company vise 2 milliards de valorisation avec 300 millions de dollars
The Exploration Company, startup spatiale germano-française spécialisée dans les véhicules de ravitaillement orbital, lève 300 millions de dollars (~276 millions d'euros) en ciblant une valorisation de 2 milliards de dollars.
La société développe le vaisseau Nyx, conçu pour ravitailler la Station spatiale internationale et, à terme, les futures stations commerciales. Dans la logique des nouvelles frontières du capital — quand les marchés terrestres saturent, le capital cherche de nouvelles géographies d'investissement — l'orbite basse est la prochaine infrastructure de base. Celui qui maîtrise la logistique orbitale détient un levier analogue à celui des grands ports maritimes au XVIe siècle : une position de passage obligé dont la rente croît avec le trafic.
Inforcer lève 50 millions de dollars pour la cybersécurité des PME
Inforcer (Londres) boucle une série C de 50 millions de dollars (~46 millions d'euros) menée par Insight Partners. La plateforme aide les petites et moyennes entreprises à se préparer aux risques IA et cybersécurité.
Le marché des PME est structurellement sous-équipé en cybersécurité : trop petit pour les grands intégrateurs, trop exposé pour rester sans protection. Insight Partners mise sur la massification — un outil simple, déployable sans RSSI dédié, dont la croissance suit mécaniquement l'adoption de l'IA dans les PME européennes.
Intropy lève 9,5 millions d'euros pour les pièces détachées

Intropy (Londres) lève 9,5 millions d'euros pour construire un système d'exploitation natif IA pour l'industrie des pièces de rechange.
Le marché des spare parts est un des derniers grands marchés industriels encore largement non digitalisé — catalogues papier, références hétérogènes, délais de sourcing opaques. Intropy s'attaque à une inefficacité structurelle de la chaîne industrielle : celui qui standardise la donnée de pièce détachée à l'échelle européenne crée un actif de données dont la valeur croît avec chaque fabricant intégré.
Pstryk lève 7 M€ pour la gestion dynamique de l'électricité en Pologne

Pstryk (Pologne) lève 7 millions d'euros en série A auprès de Future Energy Ventures, Axpo, Montis et des investisseurs existants. La plateforme mobile permet aux ménages polonais d'acheter et gérer leur électricité via des tarifs dynamiques.
La Pologne est en transition énergétique accélérée, avec une part croissante d'énergies renouvelables intermittentes qui rendent la tarification dynamique structurellement nécessaire. Pstryk joue le rôle d'interface entre le réseau et le consommateur final — un actif de distribution dont la valeur augmente à mesure que la volatilité des prix de l'électricité s'accroît. La présence d'Axpo (énergéticien suisse) au capital confirme que ce n'est pas un pari venture pur : c'est un investissement stratégique d'un acteur qui a besoin de flexibilité demand-side.
Toutes les levées du jour, par secteur
La liste complète du jour — les opérations décryptées ci-dessus incluses.
B2B Software & Cloud · 3 →
- Encore AI — Encore AI lève 30 M$ pour son IA de transformation des interactions clients
- Intropy — Intropy lève 9,5 M€ pour son OS IA des pièces détachées
- Mimir — Mimir lève 600 K$ en pre-seed pour son IA d'automatisation e-commerce
Climate & Energy Tech · 2 →
- Pstryk — Pstryk lève 7 M€ pour transformer l'achat d'électricité des ménages (Pologne)
- Greyparrot — Greyparrot lève 27 M$ pour son IA de gestion des déchets
Cybersecurity · 2 →
- NEVERHACK — NEVERHACK lève 11 M€ pour accélérer dans l'IA cyber souveraine
- Wallix — Wallix sécurise 25 M€ de financement non dilutif, pouvant atteindre 65 M€
Space Tech · 2 →
- The Exploration Company — The Exploration Company lève 300 M$ pour atteindre 2 Md$ de valorisation
- Agon — Agon lève 30 M$ pour construire un terrain d'entraînement IA pour la défense
FinTech · 1 →
- Aria — Aria lève 7 M€ en extension de Series A pour son financement de factures
Future of Work & HR Tech · 1 →
- TaskHer — TaskHer lève 650 K£ pour intégrer plus de femmes dans les métiers du bâtiment
MedTech & Devices · 1 →
- EVERSION — EVERSION lève 2,3 M€ pour ses semelles intelligentes contre la douleur
Autres opérations (secteur non classé) · 1
- Harmattan AI — Dassault Aviation mène un tour de table de 200 M$ pour Harmattan AI
